La nudité de l'être  

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Les êtres humains aspirent naturellement au bonheur. La majorité tente d’y accéder en ajoutant toutes sortes de choses : des connaissances, idées, expériences, etc. La sérénité et la joie profonde se trouvent à la Source, dans l’Être. Ceux qui y ont accédé disent que le chemin qui y mène est un chemin de renoncement. Il s’agit de soustraire bien plus que d’ajouter. Quand toutes les couches ont été enlevées, nous découvrons la radieuse beauté de l’Être.

La société nous invite constamment à «faire» davantage pour «avoir» plus. Tant de gens se retrouvent dans une course effrénée contre la montre. Le but de cette course ? Faire des milliers de choses qui vont leur permettre d’avoir : des émotions, de la considération, des idées bien arrêtées sur une multitude de sujets, de l’amour, des relations, de l’argent, du sexe, du plaisir, etc.

Au fil du temps, les gens accumulent des biens, mais aussi des souvenirs remplis d’émotions. Leur passé devient de plus en plus consistant, lourd. Pour échapper à la partie souffrante de leur passé, ils se projettent dans le futur, là où tous les rêves sont permis. Le futur devient un refuge pour les gens malheureux.

Pouvez-vous rester ici et maintenant et accueillir ce qui est ?

Une démarche spirituelle est un processus de libération de nos croyances, émotions, identités, de tout le contenu de notre conscience. L’aboutissement est la réalisation qu’au coeur de toute chose, il y a le vide. Inconsciemment et inévitablement, nous sommes aspirés par le vide. Il ne s’agit pas d’un vide dangereux, mais d’un vide plein de vie et de promesses.

C’est parce qu’au départ il y a le vide que nous pouvons créer. Il faut une pièce vide pour mettre les meubles qui me plaisent et dont j’aurai besoin. Si la pièce est déjà remplie, c’est impossible d’y ajouter quoique ce soit et d’y vivre.

Regardez votre coeur, il n’y a rien dedans. C’est pour cela qu’il peut aimer. Votre coeur est un espace vide et aimant qui peut accueillir toutes choses. Si votre coeur est rempli de tristesse ou d’enthousiasme, comment pourra-t-il accueillir la beauté d’un coucher de soleil ou le sourire d’un enfant. Pour accueillir, il faut un espace vierge, le plus vierge possible.

Les trois caractéristiques de l’être sont : la vacuité (le vide), le silence et l’immobilité.

Voulez-vous vivre dans la plénitude du moment présent ?

Si oui, vous devrez cesser d’accumuler des connaissances et commencer à voir en direct ce qui est. Je parle de voir sans préjugés et sans croyances. de voir sans juger, ni condamner, sans aimer ni détester. Simplement accueillir ce qui est, tel que ça se présente. C’est cela le véritable amour, accueillir sans volonté que ça disparaisse ou se transforme. Être avec quelque chose et rester avec, tout simplement. À partir de l’être, vous pouvez accueillir inconditionnellement. À partir de l’ego, ce n’est pas possible, car l’ego juge continuellement. L’ego veut tout contrôler.

Vous doutez de pouvoir accueillir inconditionnellement ? Rappelez-vous que fondamentalement vous êtes un être. Votre véritable nature est donc vacuité, silence et immobilité. Vous n’avez rien à faire pour cela, c’est déjà là. C’est là depuis toujours. Il est possible que vous croyez le contraire. Rappelez-vous que vous pouvez changer une croyance, mais pas votre nature véritable.

En se libérant de nos vielles peaux, nous arrivons à vivre de plus en plus dans la nudité de l’être. Vivre dans la nudité de l’être c’est vivre sans filet, sans aucune protection. C’est là que nous sommes nous-mêmes et vrai. C’est dans la nudité de l’être que se trouve la plénitude du moment présent, le bonheur éternel.

Source

Les energies qui nous entourent  

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Luiz Antonio Alencastro Gasparetto est un célèbre médium peintre brésilien. Il a réalisé, en état de transe, plusieurs milliers de toiles caractérisés par le style et la signature d’un artiste disparu. Lorsqu’il peint, Luiz Gasparetto prétend être en contact avec l’Au-delà.

Nous avons tous la possibilité de nous connecter à ces énergies. Prenez conscience et meditez et vous verez que vous possédez le savoir qui règne dans l'univers.

LES 5 ETAPES POUR CHANGER NOTRE REALITE  

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Il faut une période de 6 jours pour changer notre état, et le septième jour sera un jour de repos. Pendant cette période, notre conscient commence, petit à petit, à croire des choses et des idées qui ne sont pas encore visibles. Cette technique doit être précise, car si nous ne l’appliquons pas à la lettre, il faudra recommencer.

VOICI LES 5 ETAPES POUR CHANGER NOTRE REALITE

Etape 1: Acceptez le fait que vous soyez l’architecte de votre propre monde. Acceptez qu’à partir de ce jour, vous êtes prêt à accueillir un état que vous ne voyez pas encore. A partir d’aujourd’hui, vous êtes en train de bâtir un nouveau monde pour vous-même, en accord avec l’Univers. Vous n’êtes plus une victime qui est pris au piège de ce que vous voyez actuellement autour de vous.

Etape 2 : Nommez et définissez clairement votre état désiré, par écrit. Définissez vos désirs avec soin et avec votre coeur, pas avec votre égo et votre cerveau. N’essayez pas de réparer quelque chose que vous croyez être cassé. Rien n’est cassé. N’oubliez pas que vous êtes en train de modeler votre état comme un Dieu. Vous n’avez pas besoin de réparer quoi que ce soit. La seule chose qu’il faut faire c’est de changer votre état conscient.

Etape 3 : Maintenant mariez-vous avec cet état. On vous demande de l’accepter, et de le ressentir profondément comme acquis et définitif.

Faites un voeu solennel d’accepter cet état que vous avez épousé. Fermez vos yeux et inspirez trois fois, en ramenant cet état vers votre coeur. Expirez en relâchant toutes vos tensions.

Ensuite, respirez un sentiment d’avoir réellement épousé cet état. Expirez avec un soupir de soulagement. Inspirez le sentiment que cet état est acquis. Expirez avec un soupir de soulagement. Inspirez un sentiment de liberté, en acceptant que cet état est acquis. Expirez avec un soupir de soulagement. Enfin, inspirez un sentiment de gratitude profonde. Expirez avec un soupir de paix.

Avec cet étape, vous êtes en train de vous fusionner avec cet état vibrant, chaleureux et vivant que vous désirez. Devenez comme un amant qui est lié à son partenaire. En faisant ceci, vous imprégnez votre subconscient, qui conduira et exprimera cet état via vos pensées conscientes. Soyez sûrs de vraiment ressentir votre connexion avant de procéder avec l’étape suivante.

Etape 4 : (celui qui est un peu plus délicat!) Vous devez garder cet état de nouvelle conscience en vous pendant une période de six jours complets, sans en douter et sans vous poser de questions!

Il faut croire sans faille que vos désirs vont se réaliser en chair et en os. Ceci est une vraie preuve de votre foi. Vous démontrez ainsi que vous êtes prêts à recevoir ce nouvel état de grâce. Avec chaque jour qui passe, le pouvoir de vos idées pré-conçues sera en train de diminuer. Chaque jour, vous serez en train de reprendre votre pouvoir authentique. Chaque jour, vous serez en train de vous rapprocher de vos désirs, par des moyens qui vous sembleront magiques. Bientôt, votre cerveau, votre conscient, deviendra votre serviteur, au lieu d’être votre maître.

Etape 5. Le septième jour, reposez-vous au calme, afin que votre état désiré pourra incuber. Cette journée est aussi importante que les autres qui la précéderont. Ne perdez pas le RESSENTI, et surtout n’utilisez pas cette journée pour essayer de comprendre quoi que ce soit. Simplement, restez dans le SENTIMENT de l’avoir acquis, que ce que vous avez souhaité est accompli. Reposez-vous.

Si vous avez été précis et diligent, vous verrez un nouveau monde s’ouvrir devant vous, un monde que vous contrôlerez. Vous aurez changé psychologiquement et spirituellement. Vous saurez comment regagner votre pouvoir, votre dignité, et votre liberté.

Ceci n’est pas une tâche à prendre à la légère ou de façon sporadique, ou ça ne marchera pas. Une fois que vous aurez utilisé ce formule, vous saurez que vos capacités sont illimitées.

Ce formule marche.

Ce n’est pas de la magie, mais simplement un formule qui est en accord avec des Lois Universelles. N’arrêtez pas de l’utiliser jusqu’à ce que vous avez transformé votre vie dans tous les domaines.

Et surtout, n’oubliez pas de mettre à jour votre façon de penser de vous-même, puisque c’est le domaine le plus important.»

Copyright Maureen Moss 2009

http://www.worldpuja.org


Petite Pensée = Grand Résultat  

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La Négativité. Soyons francs, on la trouve partout.

Même si vous aimeriez rester focalisé sur les bonnes choses, c’est difficile de garder l’image de vos rêves, d’une belle vie, quand tout autour de vous semble rester figé dans le négatif.

Comment rester dans une vibration élevée, quand tout semble aller dans le mauvais sens? Comment ne pas sentir fataliste face à tout ce qui se passe autour de vous, ou quand rien ne semble changer?

Emettez vos intentions et faites bouger l’énergie, par petit bout.

L’Energie peut être dirigée, et c’est votre travail de diriger l’énergie de vos pensées, d’une manière précise, vers ce que vous désirez voir et avoir comme résultat.

S’il est parfois difficile d’imaginer les choses changer de tout au tout, il est plus facile, et plus efficace, d’émettre l’intention de changer les choses, petit bout par petit bout.

Ayez l’intention de faire bouger l’énergie, par tranches de votre journée.

D’abord, décidez que votre journée se passera d’une manière facile et fluide. Imaginez que vous vous sentez bien, que vous rencontrez des personnes bénéfiques et encourageantes, et que vous recevez de bonnes surprises!

Continuez à fixer votre intention, que tout se passe comme il faut, plusieurs fois dans votre journée.

Petit à petit, dirigez vos pensées du matin. Vous vous réveillez en pleine forme! Vos collègues vous soutiennent et sont de bonne humeur. Les clients que vous devez appeler sont ouverts, aimables et réceptifs.

Si vous cherchez un emploi, imaginez que ce matin, vous recevez cet appel souhaité de la boîte d’intérim, ou que vous trouvez l’annonce pour l’emploi de vos rêves. Vous leur téléphonez et vous obtenez tout de suite un rendez-vous.

Petit à petit, dirigez vos pensées de l’après-midi. Imaginez que tout se passe facilement, exactement comme vous le souhaitez. Les opportunités commencent à être attirées vers vous.

Si vous avez quelque chose que vous devez faire, imaginez que vous recevez cette inspiration et que tout se passe merveilleusement bien, facilement et que vous vous amusez à le faire!

Petit à petit, dirigez vos pensées du soir. Imaginez que votre partenaire vous prend dans ses bras en revenant du travail. Imaginez que vos enfants font leurs devoirs, sans crise. Si vous êtes seuls, imaginez qu’on vous invite à sortir, ou décidez de faire quelque chose qui vous est agréable!

Focalisez sur les résultats que vous voulez voir, à chaque moment de la journée. Imprégnez-vous avec ce sentiment que tout est en train de se passer comme vous voulez le voir. Enlevez votre attention de ce que vous ne voulez pas avoir comme expérience, et dirigez votre énergie vers ce que vous voulez obtenir comme résultat.

Petit à petit, et par tranche de la journée et de la soirée, donnez l’ordre à l’énergie de vous suivre! C’est ça, et pas autre chose!

Quand vous pensez délibérément, l’énergie de ces pensées est immédiatement envoyée dans l’Univers, et cette énergie commence à rechercher et à attirer vers elle des conditions qui correspondent le plus à ce que vous êtes en train d’émettre comme signal.

Souriez à vous-même, avec la certitude que vous êtes en train de créer votre vie sur mesure, petit à petit, jour après jour, et tranche par tranche.

Les changements commenceront à se voir, très rapidement.

Des petites choses commenceront à changer. L’une après l’autre.

L’énergie commencera à faire boule de neige. Les choses plus conséquentes, plus grandes, dans votre vie, commenceront à changer, à leur tour.

Bientôt, votre vie entière sera complètement bouleversée. Votre réalité sera toute autre.

Sans complication, sans difficulté.

Il faut juste émettre l’intention, tous les jours, de voir les meilleures choses, de vous sentir le mieux possible, et d’avoir les meilleurs résultats.

Vos pensées deviennent des choses bien réelles, donc choisissez-les délibérément…



La qualité d'amitié pure de l'amour  

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L'amour signifie une qualité d'amitié pure, où vous ne voulez rien de l'autre, où vous êtes simplement heureux, parce que l'autre existe, la simple présence de l'autre vous donne de la joie. Ce n'est pas qu'il vous fasse quelque chose ou qu'il vous soutienne -financièrement, physiquement – où qu'il soit d'une façon ou d'une autre un support à la joie, non ; sa seule présence suffit.

Quand vous commencez à vous réjouir de la présence d'une, alors l'amour est là. Vous ne voulez pas utiliser la personne. Au moment où vous commencez à utiliser la personne, l'amour a disparu. Alors, il ne s'agit plus que de ruses politiques. C'est simplement de l'exploitation : vous continuez de parler d'amour et derrière cette façade, vous continuez d'exploiter la personne.

Si vous avez connu l'amour avec une personne, vous avez connu l'amour pour tous. Alors cette personne devient la porte de tous. alors il n'est plus nécessaire de chercher, il n'est plus nécessaire de changer d'amoureux, alors un est suffisant, plus que suffisant. Alors, le coeur est rempli et vous pouvez bénir l'existence toute entière.

C'est la qualité la plus basse de l'amour qui ne cesse de rechercher, de changer, d'aspirer. Plus l'amour est élevé, plus il est centré.

Osho

Comment se débarrasser de la tristesse ?  

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Si vous voulez échapper à la tristesse, si d'une certaine façon, vous voulez vous en débarrasser, le problème va se poser - car quand vous voulez vous débarrasser de quelque chose, vous ne le regardez jamais directement. Et cette chose se dissimule, car vous la condamnez, elle s'enfonce plus profondément dans l'inconscient, elle se cache dans le coin le plus sombre de votre être, là où vous ne pourrez la trouver.

Pour commencer, ne réprimez jamais. Ce qui est, est. Acceptez-le, laissez-le venir - faites-y face. En fait, se contenter de dire "Ne le réprimez pas", ce n'est pas suffisant. Si vous me le permettez, j'aimerais vous dire, "Apprivoisez-le". Vous vous sentez triste ? Apprivoisez la tristesse. Ayez de la compassion pour elle. La tristesse existe aussi. Permettez-la, étreignez-la, asseyez-vous avec elle, tenez-lui la main. Soyez amical avec elle. Aimez-la. La tristesse est belle ! Il n'y aucun mal à être triste. Qui vous a dit que ce n'était pas bien ? En fait, seule la tristesse vous donnera une profondeur. Le rire est superficiel ; le bonheur est à fleur de peau. La tristesse touche l'os, la moelle. Il n'y a rien qui soit aussi profond que la tristesse.

Ne vous faites donc pas de soucis. Restez avec votre tristesse et elle vous emmènera dans votre centre le plus intime. Vous pouvez la chevaucher, vous connaîtrez ainsi certains aspects de votre être que vous n'avez jamais connus. Certaines choses ne se révèlent que dans la tristesse, elles ne se révèlent jamais dans le bonheur. L'obscurité aussi est bonne, elle aussi est divine. Il n'y a pas que le jour qui soit l'oeuvre de Dieu, la nuit aussi. C'est ce que j'appelle une attitude religieuse.

Osho

Responding Vs. Reacting  

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One of our greatest challenges as human beings is to live awakened, conscious, deliberate lives that involve being aware of our choices, our actions, and our ability to direct the flow (or stagnancy) of our lives.

We are all faced with challenging people, situations, and events that offer us the opportunity to consciously choose to respond instead of react. The difference between responding and reacting begins with awareness. When we respond, we are actively choosing to do so from a space of conscious, personal power that is rooted in spiritual groundedness. Conversely, when we react, that reaction almost always stems from an unconscious pattern of communication, expectation, and action that only serves to limit our ability to experience peace, joy, and true fulfillment in our lives.

We can begin to create more balance, inner peace, and serenity in our day to day experience by choosing to become aware of our innate potential for directing, molding, and shaping our experiences with awareness and deliberate decision making. Life can and will flow much more easily when we actively live in this conscious way. This can begin right now, in this very moment, if you choose this for yourself.

When we become more in tune with the deeper aspect of ourselves – the all-knowing, intuitive, eternal spirit within us — we can choose to allow that part of us to guide our daily lives in ways that will enhance the overall quality of our existence. The divine gift behind using that internal guidance lies in the expansiveness in perspective that becomes available and clear to us in the process.

In actuality, no ”problem” is ever as grand as we think it is in the moment we are head first into it. The beauty is that we can begin to actively shift our perspective in each moment and allow that awareness to turn any challenging situation into a blessing in disguise. We can make a decision to only choose responses that will serve us in positive ways while simultaneously bringing greater peace and tranquility into our hearts, minds, bodies, and spirits.

Life is meant to be filled with joy. With compassion and awareness, we can allow more and more moments of joy and bliss to enter our experience. We are the only ones capable of choosing our personal role in any given situation. We can’t control others, and there are plenty of circumstances that are also outside of our control. What we CAN control is our level of mindfulness, cognizance, attentiveness, and responsiveness to everything and everyone we encounter.

When we learn to appreciate and recognize our powerful ability to respond to life in ways that will allow for soul growth, greater understanding, and peace-full connections, we become lighter in body, mind, and spirit. We lessen our load and lighten up!
Wishing you an enlightened day that allows for awareness in each moment and a new level of self-accountability that inspires you to positively respond to everything that comes your way with grace and ease.

With love and gratitude,
Cary Murphy

Vigilance et respect des objets  

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par Arnaud Desjardins

Voici un très beau texte de Arnaud Desjardins sur le respect vis à vis des objets qui sont tout aussi sacrés que les personnes ou les animaux et qui nous a été envoyé par un internaute.

Dans un ashram, il y a le guru, vis-à-vis duquel vous tentez de devenir adultes, il y a les autres et il y a aussi tout ce que nous appelons « l’environnement ». Par rapport à cet environnement (végétaux, animaux, objets, outils, matériaux), votre attitude aussi peut changer radicalement. Il s’agit de découvrir que chaque élément de la création existe en lui-même et pas seulement pour vous. Il n’y a pas un grain de poussière qui ne témoigne pas du brahman, qui ne proclame pas le « Je suis » unique et éternel. Aucune expression ou manifestation de la réalité n'est en dehors de la Réalité. Dans les anciens textes religieux de la tradition chrétienne, on trouve un certain nombre de témoignages à cet égard : le saint ou le moine voit toute la création comme l'oeuvre de Dieu. Dans Les Carnets du Pèlerin russe, le pèlerin nous dit qu'il entend le langage de la création, d'autres témoigneront que toute la création chante la gloire de Dieu. Souvenez-vous aussi de saint François d'Assise qui loue le soleil, la lune, les étoiles. Ce qui se cache derrière cette manière de s'exprimer propre aux mystiques, c'est une découverte, une réalisation bien réelle et précise dont vous trouvez des témoignages aussi éloquents dans d'autres traditions.

Aucun théologien catholique ne peut trouver à redire à cette formulation. « Toute cette création est l'œuvre de Dieu. » Toute cette création, y compris les objets « inanimés », est l'expression de cette grande réalité que les hindous ont appelée brahman ou, d'un point de vue personnel, atman. Vous avez tous lu et entendu que les atomes, les particules, ne sont pas figés, inertes, immobiles. Avez-vous même idée de la puissance qui est contenue dans chaque élément de la matière, puisque théoriquement - sinon pratiquement - on pourrait construire une bombe atomique à partir de n'importe quel fragment de la création ? La puissance colossale et parfois terrifiante - quand on pense à certaines de ses applications - de l'atome réside dans chaque atome.

Mais c'est à vous de faire le premier pas pour essayer de voir le monde autour de vous avec un regard nouveau. Apprenez à voir le monde en lui-même, par lui-même, comme l’expression ou la manifestation de cette réalité unique et éternelle que vous cherchez à réaliser en vous et hors de vous. Permettez-moi une boutade : si Vous n’êtes pas capables de respecter un être humain, vous ne serez pas plus capables de respecter une casserole de cuisine - et vice versa. Je me souviens d’avoir vu au Japon, dans un de ces immenses couloirs des monastères zen qui n’ont qu’un rez-de-chaussée à cause des tremblements de terre, une femme de ménage avec un seau à la main, un balai, un fichu autour de ses cheveux, poser seau et balai pour s’incliner devant un moine zen dont le vêtement, le kesha, montrait qu’il n’était plus un moine débutant. Et j’ai vu (ô combien je suis heureux et privilégié de l’avoir vu) le salut du moine zen à cette femme de ménage, la manière dont il a répondu à son salut en s’inclinant lentement devant elle et en demeurant quelques secondes immobile. Quelle leçon, quel enseignement. C’est peut-être dans les monastères zen qu’on perçoit plus encore qu’ailleurs ce respect si oublié aujourd'hui. Cela, c’est le chemin de la vérité. Respect pour les êtres humains, aussi humbles soient-ils, et respect pour les objets.

Certes, il y aura bien encore un jour ou vous jetterez un peu brutalement un objet qui ne fonctionne pas comme vous le voudriez. Le mental est très habile pour nous proposer toujours le « tout ou rien ». Ou c’est tout tout de suite ou alors j'abandonne. N’imaginez pas qu’à partir de maintenant vous n’aurez plus jamais un moment d’inattention ou un geste d’impatience vis-à-vis d’un objet. Allez de l’avant, exercez-vous, progressez et, au moins, mettez-vous en chemin. Faites ce que vous pouvez. Ce qui vous est impossible aujourd'hui vous sera possible dans deux ans.

Il paraît que le simple fait de voir Ramana Maharshi ouvrir une enveloppe ou un paquet était en soi-même un enseignement. Au moins à l'ashram où les conditions sont favorables, exercez votre vigilance et apprenez à respecter, à considérer tous les objets et à reconnaître l'objet en lui-même. Je n'ai jamais vu cette poignée de porte que par rapport à moi :« Elle marche, tant mieux, ça me permet d'ouvrir et de fermer la porte. Le jour où elle sera coincée, je râlerai sûrement. » Je n'ai jamais imaginé que cette poignée de porte était une expression du brahman. Et si cette poignée de porte est une expression du brahman, c'est également le cas de cet interrupteur. En outre, tous ces objets vous permettent de poursuivre votre sadhana. S'il n'y avait pas de poignée de porte, comment feriez-vous pour entrer et sortir de cette salle ? S'il n'y avait pas d'interrupteur, comment ferions-nous pour ne pas mener nos réunions dans la pénombre ? Ou alors, respectez la lampe à pétrole ou la bougie.

Cet amour pour les objets, c'est aussi une école, un enseignement, une voie.

Je raconterai une fois encore la leçon que Swâmiji m'a donnée un jour et que par chance j’ai entendue. Nous étions assis auprès de lui sur une sorte de couverture grossière pliée en huit. Cette couverture était rangée dans un coin de la chambre de Swâmiji, nous l'approchions nous-mêmes de Swâmiji pour avoir notre entretien et nous la remettions à sa place initiale une fois l”entretien terminé. Un jour, à la fin de l'entretien, j'ai pris cette couverture et je l'ai plutôt lancée que posée pour la remettre à sa place. Swâmiji m’a arrêté : « Qu’est-ce que vous venez de faire ? » Il a poursuivi : « Comment traitez-vous cette couverture sur laquelle vous venez d’être assis pendant une heure, qui a rendu votre position un peu plus confortable et vous a mis à même d’entendre un peu mieux Swamiji ? Cette couverture a donc joué un rôle sur le chemin vers votre propre liberté. » Cette couverture était, en effet, associée à l’entreprise la plus sacrée qui soit. « Et comment est-ce que cette couverture est venue entre vos mains ? Est-ce que vous tenez compte de la peine des agriculteurs qui ont cultivé le coton ? Est-ce que vous tenez compte du labeur de ceux qui ont filé ce coton, qui l’ont teint, qui l’ont tissé, du travail de ceux qui ont ensuite transporté cette couverture d’un lieu à un autre ? » Je voyais se déployer sous mes yeux la contribution de chacune des castes de l’Inde pour aboutir à la confection de cette couverture : la caste des agriculteurs, puis celle des commerçants, les négociants qui l’ont mise sur le marché. Toutes ces fonctions s’harmonisaient, au lieu de rivaliser dans un système de concurrence pour gagner plus d’argent que le voisin. Je comprenais ce qu’était le dharma: le dharma d’un shudra, qui peine au soleil pour cultiver le coton ; le dharma d’un vaïshya, d’un homme qui possède le sens des affaires, finance certaines entreprises et permet de déplacer les biens d’un lieu a un autre pour les mettre à la disposition de l’acheteur. Toutes ces activités revêtaient soudain une noblesse extraordinaire puisqu’elles avaient toutes contribué à me permettre de progresser ne serait-ce que d’un pas auprès de Swamiji. Je n’avais pas senti la gratitude que je devais à tous ces gens car si j’avais été assis sur ce ciment lisse caractéristique de l'Inde, j'aurais été très inconfortable donc moins disponible pour écouter Swâmiji. Et moi, pauvre imbécile, qui aurais été capable de penser que tous ces agriculteurs passent à côté du secret ésotérique de l'existence et que ces commerçants qui ont été intermédiaires entre le producteur et l'ashram, qui ont acheté et vendu la couverture, sont simplement des bourgeois qui s'enrichissent dans les affaires. Qu'est-ce que j'ai fait de cette couverture ? Cette couverture, je l'ai reprise, bien sûr. Et je me suis trouvé là, en face de Swâmiji, avec cette couverture entre les mains, ressentant l'aube d'un sentiment : je suis assis depuis des mois sur cette couverture et je l'ai toujours traitée sans la moindre considération. Cela aussi, c'était vraiment l'enseignement de Swâmiji.

Cette couverture a instauré une complicité entre Swâmiji et moi. A la fin de chaque entretien, au moment où je la prenais pour la ranger, nos regards se croisaient et nous savions très bien tous les deux à quoi nous pensions en même temps : à cette leçon que Swâmiji m'avait donnée ce jour-là. Je posais alors soigneusement la couverture, le plus consciemment possible, en essayant d'être habité par un sentiment de gratitude. L'intelligence du coeur - pas la stupidité de l'émotion - a beaucoup à nous dire au sujet d'une simple couverture et le coeur purifié peut donner à chaque objet de l'existence une dimension nouvelle.

Ne croyez pas qu'il y ait une progression quelconque hors de ce dont j'ai parlé aujourd'hui : le non-égoïsme ou le non infantilisme vis-à-vis du guru, le non-égoïsme vis-à-vis des autres, tous, pas seulement ceux avec qui vous sympathisez,et ce respect vis-à-vis des objets. Je sais par expérience que la vie est moins paisible dans le monde moderne qu'à l'ashram de Ramdas. Parfois on est pressé ou impatient et on repose brusquement un marteau ou un sécateur. Mais de là à traiter du matin au soir les objets avec lesquels vous êtes en relation n'importe comment, il y a une marge. Même si vous ne pouvez pas toujours mettre en pratique cet enseignement, au moins, que votre conviction, elle, ne soit pas floue ou mensongère. Il n'y a pas de progression si vous ne percevez pas le caractère sacré de chaque objet, le respect que vous lui devez, la considération qui doit monter spontanément de vous comme un sentiment. Et traiter les objets comme cela se fait mécaniquement dans notre société sans aucune vigilance, c'est tourner le dos au chemin. « L'autre », c'est aussi bien ce micro que cette poignée de porte sur laquelle ma main se pose, que cette tasse de thé. C'est cela aussi le prochain. Vous ne verrez jamais un moine trappiste traiter n'importe comment son matériel, cela fait partie de la vigilance et de la garde du cœur. Mais quel chrétien aujourd'hui dirait : « Mon prochain, c'est cette casserole de cuisine, c'est cette tasse de thé, c'est ce micro, cette poignée de porte ›› ?

Au risque d'être accusé de paganisme et de panthéisme, je partage de tout mon coeur avec vous le message que j'ai reçu en Asie, à savoir que toute la création est sacrée. Toute la création témoigne du brahman, toute la création mérite notre amour. En cessant d'être égocentriques, vous pourrez être un avec l'univers. Et si vous voulez dépasser l'altérité, dépasser la dualité, il faut d'abord vivre consciemment la dualité, la vivre dignement, la vivre en êtres humains conscients et non pas en machines. La dualité est tout le temps là présente. Si pour l'instant je sens qu'il y a moi et tel objet, très bien. Eh bien, je vivrai consciemment cette dualité. Et en vivant consciemment cette dualité, peu à peu vous découvrirez la non-dualité. Vous verrez les contours de votre ego s'effacer et vous verrez chaque objet vous parler un langage que vous n'aviez jamais entendu. Chaque objet deviendra un support de méditation. Pourquoi cette expérience serait-elle réservée aux moines zen ou aux grands saints ? J'ai toujours été frappé d'entendre les commentaires faits à propos du premier film que j'ai tourné autrefois sur le bouddhisme zen : « Oh ! Cette beauté des gestes ! » Qu'est-ce que vous attendez pour faire passer cette beauté des gestes dans votre existence ? « Ce qui m'a le plus frappé dans le film, c'est le moment où les moines boivent le thé. » Qu'attendez-vous pour boire le thé comme eux ?

L'autre à l'ashram, c'est le guru, ce sont les autres disciples et tous les objets avec lesquels vous êtes en contact. C'est en reconnaissant pleinement la dignité de l'autre que vous dépasserez la distinction entre moi et l'autre et que vous atteindrez la non-dualité, la découverte du brahman unique et éternel - du moins c'est le seul chemin pour lequel je puisse témoigner et sur lequel je puisse vous guider. Et le meilleur endroit pour vous y exercer, c'est l'ashram dans lequel vous séjournez régulièrement. Alors vous découvrirez que le monde entier est l'ashram et vous pourrez partout et toujours aimer votre prochain comme vous-mêmes.

Extrait de L’ami spirituel – Arnaud Desjardins et Véronique Loiseleur - Edition De La Table Ronde (5 octobre 1999)

MOMENT PRÉSENT  

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Lorsqu'il n'y a ni passé ni avenir alors seulement la paix est là. Futur veut dire aspiration, accomplissement, but, ambition, désir. Vous ne pouvez pas être ici et maintenant, vous courez en permanence après quelque chose, ailleurs. L'on doit être totalement présent à l'instant présent, alors la paix est là. À partir de cela la vie se renouvelle, car elle ne connaît qu'un seul temps et c'est le présent.

Le passé est la mort, le futur n'est qu'une projection d'un passé déjà mort. Que pouvez-vous imaginer de l'avenir ? Vous pensez en termes de passé, c'est ce que vous connaissez et vous le projetez; en mieux bien sûr. C'est plus beau, mieux décoré, toutes les douleurs ont été éliminées et seuls les plaisirs ont été choisis; mais c'est le passé.

Le passé n'existe pas, le futur non plus, seul le présent existe. Être dans le présent c'est être vivant, intensément et c'est cela le renouveau.

L'amour Incoditionnel  

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La Tolérence  

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Quelques exemples pratiques pour la mettre en action :

1. Comme nous vous parlons dans ce magazine des Grands Maîtres, cela implique plusieurs religions qui prient des dieux différents, tout au moins les appellent par d’autres noms. Plusieurs rituels sont préconisés dans chaque religion. L’être humain a tendance à juger négativement ce qu’il ne connaît pas. Or, Moi Je vous le dis, la base de chaque fondement religieux est l’amour, le respect et la tolérance. Les aiguillages qu’ont pris par la suite ces mouvements en ont fait des régimes déformés de la base. Je peux constater qu’il y a dans chaque façon de penser, un échantillonnage de vérités et de mauvaises volontés, mais si le cœur de l’homme est prêt à entendre l’ultime vérité, soit la seule et unique religion, l’Amour tous les jours, de ces dogmes apparaîtra la lumière infinie.

Je vous invite, durant cette période à vous pencher sur un courant de penser différent du vôtre, avec tolérance.


2. Vous croisez dans la rue toutes sortes de gens avec des styles différents du vôtre. Là aussi le jugement est en première place. Demandez-vous pourquoi vous êtes si prompts à faire intervenir l’intolérance dans votre cœur. Ne croyez-vous pas que dans l’esprit du passant au style qui vous semble particulier, le même jugement à votre égard paraît ? Or, vous seriez étonnés de constater que si vous avez accepté l’autre tel qu’il est, sans le juger, son intolérance à votre égard ne se fera pas sentir de la même façon.

Je vous demande de réagir immédiatement à toute pensée de jugement vis-à-vis des autres, que ce soit par rapport à leur aspect ou à leur mode de penser.


3. Dans le quotidien, il n’y a pas un seul jour où vous vous étonnez du manque d’amour régnant sur terre, dans votre maison, votre quartier, votre lieu de travail, dans la rue, les transports publics, les salles d’attente, partout où se trouvent plusieurs êtres humains. Vous avez tendance à être critiques vis-à-vis de la gent humaine en général. Que faites-vous pour améliorer cet état de fait ?

Pourriez-vous pendant ces deux prochains mois cesser d’être intolérant vis-à-vis de toute forme d’intolérance, pour ne pas attiser ce sentiment de manque d’amour général ?

4. Que vous soyez jeunes ou moins jeunes, âgés ou plus âgés, vous regardez les autres groupes d’âges avec méfiance. Les jeunes critiquent les plus âgés, ceux-ci font de même avec d’autres générations.

Essayez d’être neutres par rapport aux différences.


5. Les différences de races et de statuts sociaux font de l’intolérance sous sa forme plus prononcée, du racisme. Il y a là encore beaucoup à faire sur terre. Vous tenez à vivre dans un monde meilleur. Commencez par créer un monde accueillant dans votre cœur.

J’aurais aimé que vous profitiez de cette période pour rencontrer l’autre et vous intéresser à sa vie, tout en laissant de côté tous vos clichés falsifiés.

Nettoyage et préparation à l'Ascension  

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Va dans ton profond intérieur et fais un bon nettoyage, puis tu vas ascensionner, nous dit-on.
Mais comment s'y prendre ?

Voici une méditation qui va t'aider à le faire.


Assieds-toi confortablement.
Prends trois profondes respirations.

Tu sais que la pensée est puissante et qu'elle peut t'amener là où tu la diriges.
Prépare-toi, par ta pensée, à aller au fond de ton être [ton intérieur].
Ancre-toi solidement.
Ferme les yeux.
Relaxe-toi… . .. .. Relaxe-toi.
Demande à ton ange ou à ton guide de t'aider pendant ta méditation.

Inspire… …expire.

Visualise-toi …tout, tout petit, tu es en toi.
Tu vois une porte s'ouvrir au niveau du chakra de ta gorge, tu y entres et la porte se referme derrière toi.
Tu es devant un long sentier bordé d'arbustes.
Lentement tu suis le sentier et là devant toi il y a une clairière : c'est ton cœur.

Au milieu de la clairière tu aperçois une pyramide toute dorée : c'est ton temple.
La porte est ouverte, tu entres.

Inspire… …lentement… …expire.

Curieux tu regardes autour de toi : tu vois des chaises en cristal autour d'une estrade de forme arrondie.
Pour accéder à l'estrade il y a trois marches.
Sur le côté droit de l'estrade tu aperçois une fontaine - - une vasque surmontée d'une tête de lion ; de la gueule du lion jaillit une flamme violette qui se déverse dans la vasque.
Puis au milieu de l'estrade tu vois un flambeau.
C'est un Flambeau particulier car sa Lumière Blanche et Brillante tournoie, mais ne brûle pas !

Debout devant la fontaine, revois ta vie : Cherche ce que tu as enfoui au fond de ton être. [Ne te presse pas, prends ton temps. C'est sérieux].

Il y a peut être…cette peur qui ne veut pas te quitter, ces grandes colères qui grondent encore en toi.
Ou encore...
Cette haine qui te consume.
Cette jalousie morbide.
Ton insécurité qui te fatigue.
La tristesse de te savoir …point aimé.
Ces frustrations qui remontent à la surface à la moindre occasion.
Cette profonde amertume qui t'habite depuis si longtemps déjà.
Il y a tant encore … à toi de juger ce qui te fait le plus mal au tréfonds de toi.

Dis à toi même : Aujourd'hui c'est le début d'un nettoyage en profondeur. Je dois enlever tous ces fardeaux un à un, car mon intérieur [mon temple] doit reluire comme un sou neuf pour ascensionner.

Inspire... Lentement… Profondément…

Matérialise ce qui te mine le plus - la peur ou la haine ou autre - au creux de ta main droite, vois-le comme une balle ou encore comme un morceau de charbon.
Puis, cherche un autre fardeau . . . par exemple la jalousie.
Vois le deuxième fardeau comme une fleur au creux de ta main gauche. [Ne prends jamais plus de deux fardeaux].
Place les deux mains au-dessus de la vasque et dis mentalement, 2 fois:

Je me débarrasse de ces fardeaux qui alourdissent ma vie et mon avancement spirituel. J'affirme, dès cet instant, que cette peur et cette jalousie disparaissent de mon être pour mon plus grand bien.

En même temps jette la balle et la fleur dans la flamme violette, regarde-les se consumer… et tu sais que tu te libères en les brûlant.

Prends trois profondes respirations.

Monte ensuite sur l'estrade en utilisant les trois marches qui y mènent.
Va te placer au milieu du flambeau. Laisse la flamme pénétrer ton être. Elle ne brûle pas.
Cette flamme enveloppe ton corps, tes membres, tes cellules.
Tu deviens lumineux. Tu es un soleil radieux.

Inspire . . . expire (2 fois)

Dis mentalement : je suis Paix, je suis Amour (3 fois)
Jouis de ces instants en respirant lentement et profondément.

Inspire… .. Expire.

Si, à ce moment, une négativité monte à la surface, prends-la au creux de ta main droite et jette-la dans la fontaine.

Il est temps de quitter le flambeau, de descendre de l'estrade.
Prends place sur une des chaises, restes-y quelques instants à savourer ces merveilleux moments.
Remercie la fontaine et sa flamme Violette, sans oublier le flambeau, de leur aide.

Si dans ta vie tu fais une grande colère ou si tu ressens une amertume ou n'importe quelle autre négativité, va dans ta pyramide/temple, jette la négativité dans la flamme Violette . . . puis continue ton chemin !

Il est l'heure de partir.
Sors de la pyramide et referme la porte.
Emprunte le sentier bordé d'arbustes en dansant ou en sautillant de joie car te voici libéré, plus léger.
Traverse la porte de ta gorge, referme-la. [Il est important de toujours fermer la porte derrière soi].

Inspire… .. Expire [2 fois]

Travaille ainsi sur toi-même jusqu'à l'élimination du dernier fardeau.
Tu te sentiras libre, très léger.

Résultat :
Contact étroit avec les Etres de Lumière.


Ouvre les yeux. Souris largement. Etire-toi.

La Tristesse en tant que Méditation  

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La tristesse peut devenir une expérience très enrichissante.

Vous devez travailler avec elle. Il est facile de vous échapper de votre tristesse - et toutes les relations sont d´ordinaire des évasions, on continue simplement à l´éviter. Et elle est toujours là, en dessous... le courant continue. Même dans une relation, elle éclate de nombreuses fois. Alors l'on tend à jeter la responsabilité sur l´autre, mais ce n´est pas une bonne chose.
C´est votre solitude, votre propre tristesse. Vous n´avez pas encore fait la paix avec elle, ainsi elle éclatera encore et encore.
Vous pouvez vous échapper dans le travail. Vous pouvez vous échapper dans une occupation, dans une relation, dans la société, dans ceci ou cela, dans les voyages, mais cela n´ira pas loin, parce que cela fait partie de votre être.

Chaque homme naît seul - dans le monde, mais seul, vient à travers les parents, mais seul. Et chaque homme meurt seul, se meut de nouveau seul hors du monde. Et entre ces deux solitudes nous continuons à nous tromper et nous duper.
Il est bon de prendre son courage et d´entrer dans cette solitude. Pour autant dur et difficile que cela puisse sembler au début, cela paye énormément. Une fois que vous êtes en paix avec elle, une fois que vous commencez à l´apprécier, une fois que vous ne la sentez pas comme tristesse mais comme silence, une fois que vous comprenez qu´il n´y a aucune façon de vous échapper, vous vous détendez.
Rien ne peut être fait à son sujet, ainsi pourquoi ne pas l´apprécier ? Pourquoi ne pas entrer profondément en elle et la goûter, voir ce qu´il en est ? Pourquoi avoir peur inutilement ? Si cela va être là et c´est un fait - existentiel, non accidentel - alors pourquoi ne pas êtes en paix avec elle ?

Pourquoi ne pas entrez en elle et voir ce qu´il en est ?

Toutes les fois où vous vous sentez triste, asseyez-vous silencieusement et permettez à la tristesse de venir, n´essayez pas de vous en échapper. Devenez aussi triste que vous le pouvez. N´évitez rien... vous devez vous souvenir de cela. Criez, pleurez... goûtez-la tout entière. Criez à mort... tombez à terre, roulez et laissez-la s´en aller d´elle même. Ne la forcez pas à s´en aller, elle disparaîtra, parce que personne ne peut rester dans une humeur permanente.
Lorsqu´elle s'en ira vous serez délivré, absolument déchargé, comme si la gravitation entière avait disparue et vous pouvez voler, sans poids.
C´est le moment pour entrer en vous-même. Laissez venir d´abord la tristesse. La tendance ordinaire est de ne pas la permettre, de trouver quelques moyens et façons de sorte que vous puissiez regarder ailleurs - aller au restaurant, à la piscine, rencontrer des amis, lire un livre ou aller voir un film, jouer de la guitare - faire quelque chose, de sorte que vous puissiez être occupé et que vous puissiez mettre votre attention ailleurs.

Vous devez vous souvenir de ceci - lorsque vous vous sentez triste, ne perdez pas l´occasion. Fermez les portes, asseyez-vous et sentez-vous aussi triste que vous le pouvez, comme si le monde entier était simplement un enfer. Entrez profondément en lui... plongez en lui. Permettez à chaque pensée triste de vous pénétrer, à chaque émotion triste pour vous remuer. Criez et pleurez et dites des choses -- dites-les fort, il n´y a là aucune inquiétude à avoir.
Ainsi vivez d´abord la tristesse pendant quelques jours et au moment où le dynamisme de la tristesse disparaît, vous vous sentirez très calme, paisible - comme l´on se sent après un orage.
Asseyez-vous silencieusement dans ce moment et appréciez le silence qui vient de lui-même. Vous ne l´avez pas apporté, vous apportiez la tristesse. Lorsque la tristesse s´en va, dans le sillage, silence se pose.

Écoutez ce silence.
Fermez vos yeux. Sentez-le... sentez sa texture même... son parfum. Et si vous vous sentez heureux, chantez, dansez.



Osho, Extrait de: Meditation: The First and Last Freedom

Cliquez ici pour découvrir une autre Méditation Osho.

La Meditation sans Objet  

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Ne choisissez aucun thème de méditation. N’utilisez aucun mantra. Ne vous fixez sur aucun point précis du corps. Ne vous concentrez même pas sur le souffle.
Voyez simplement ce qui apparaît. Ce peut être une image mentale. Ce peut être un mot. Ce peut être rien.
Si c’est une image, ne la travaillez pas, n’allez pas vers elle, ne la nourrissez pas, ne la dilatez pas, ne cherchez ni à la retenir ni à l’expulser. Laissez-lui une totale autonomie. Soit elle se dissoudra d’elle-même, soit elle se transformera en une autre image, que vous regarderez de la même façon.
Si c’est un mot qui apparaît, ne cherchez pas à l’analyser, à le comprendre intellectuellement. Ecoutez-le tel qu’il vient, tel qu’il résonne. Soit il va sombrer dans le silence, soit il va déclencher une série d’autres mots. Lambeaux de phrases ou phrases complètes. Idées cohérentes ou fragments d’idées. Opinions, souvenirs, projets, peu importe. Ne triez pas, n’organisez pas et surtout ne rejetez pas. Ecoutez, laissez parler.
Si c’est « rien » qui apparaît, si c’est une impression de « rien », soyez sûr que c’est encore quelque chose puisque vous en avez conscience. C’est un vide de pensées, un vide de discours, un vide d’images ou de sensations. C’est encore un objet puisque vous le percevez, puisque vous le ressentez comme absence, manque, attente, perplexité. Ne vous dites pas : c’est la Vacuité, et encore moins : c’est l’Eveil. Voyez ce « rien », aucun traitement de faveur : faites-lui face.
Mais tout cela se mêlera, formant une trame insaisissable, un filet quasiment impossible à déchirer. Vous n’aurez pas à affronter que des mots ou que des images ou que des vides : tous ces « objets » alterneront, se chevaucheront, du moins en apparence. Car en fait, si vous regardez bien, votre conscience ne peut appréhender qu’un seul objet à la fois. Si votre esprit est très agité ou très rapide, vous aurez sans doute l’impression de simultanéité. Mais c’est un leurre. Les objets frappent la conscience un à un : ceci puis ceci puis ceci. Même quand il y aura retour d’un objet, sur un mode plus ou moins obsessionnel, percevez cet objet comme entièrement nouveau. Il l’est, dans l’instant.
Car il n’y a que des instants. Des « points », si serrés parfois qu’ils donnent l’impression d’une « ligne ». Mais chaque point, chaque instant est nouveau et, dans la lumière de la conscience, aucun ne « succède » à l’autre.
Ce qui fait (quelle belle chose !) que vous êtes toujours dans le présent, car il est rigoureusement impossible d’être ailleurs.
Pourtant vous dites : je n’arrive pas à être dans le présent, je pense toujours soit au passé, soit à l’avenir. Et alors ? Faux problème. Le passé n’existe jamais en tant que tel. Il n’existe plus qu’en tant que souvenir et, lorsque ce souvenir vous frappe en passant par l’eau claire de votre conscience, c’est du présent tout frais et tout vif. Donc où est la gêne ? Quand le souvenir se « présente », observez-le dans son actualité. Comme vous observez une statue qui a trois mille ans : elle est bien là, elle est bien pleine, vous pouvez la toucher, elle n’a trois mille ans que parce qu’on vous l’a dit, c’est une notion culturelle, non un fait d’expérience ; un singe qui gambade dans les ruines d’un temple ne se dit pas : ce sont des ruines de l’époque Gupta, voici une vieille statue d’Hanuman… De même, le futur n’existe jamais en tant que tel, c’est une image présente, une pensée présente, une projection de crainte ou d’espoir faite à partir du présent. Vraiment tout est présent, quelle misère d’imaginer le contraire !
Ce qui complique la méditation, c’est que non seulement on la vit – ou on essaie – mais on la juge. Et la juger, d’ailleurs, empêche de la vivre vraiment. Par exemple on ressent de l’ennui et on se culpabilise, on s’estime peu doué et on décide soit d’abandonner, soit de se reprendre en main ou encore de changer de méthode. Ou bien on éprouve du bien-être, de la joie, de l’apaisement et on s’autocongratule : j’ai progressé, qu’est-ce que je suis fort quand même ! Toutes ces évaluations sont également vaines. Nos réactions émotionnelles à l’activité méditative (aussi longtemps que nous concevons la méditation comme une « activité »), tout ce discours intérieur, tout ce fatras psychologique surimposé au travail spirituel, tout cela fait bel et bien partie des « objets », alimentant la suprême fiction : celle de croire qu’il existerait un « expérimentateur » distinct de ses expériences.
La méditation sans objet déjoue tous ces pièges. Elle ne comporte ni but ni stratégie, ni progression ni méthode, ni complaisance ni sévérité envers soi-même. Ce n’est pas un exercice mais ce n’est pas un état non plus, si le mot état évoque quelque chose de « statique » (et du statique au stagnant le glissement est insensible), – alors qu’ici on est dans une perpétuelle nouveauté, un renouvellement sans fin, un printemps qui n’aspire à aucun été. En outre, tout état spirituel est provisoire ; si vous croyez au paradis vous finirez par créer un paradis, vous irez même au paradis, mais un jour vous serez bien étonné d’en revenir.
L’Eveil – si l’on veut à tout prix donner un nom à cet insaisissable – n’est pas un état. On n’y entre jamais, on n’en sort jamais. En fait il n’existe pas et c’est quand on voit cela qu’il éclate comme un soleil.

Par Pierre Feuga

Raja Yoga meditation  

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Try to experience the stillness of mind of being a peaceful soul as other thoughts emerge in the mind do not judge or focus on them but repeat ............

I am a peaceful soul .............

I am a peaceful soul ............

My mind is filled with peace ..............

I radiate peace to the world ...............

I feel the gentle waves of peace flowing across my mind ...........

As these peaceful thoughts emerge in my mind I feel the stillness and silence envelopes my mind .................

I am the peaceful soul ......

I am a peaceful loving soul ............

My mind feels light and free from worries ...........

I realize my real nature is peace ..........

Peaceful thoughts flow through the mind and I feel the self becoming light ......................

I am a being of light shining like a star .......................

I radiate peace and light to the world ......................

The light and peace envelopes me and the waves of peace and light shine like a lighthouse.............................................

This is the wonderful journey of self discovery.

Raja Yoga Meditation philosophy

The basis for attaining an experience in raja yoga meditation in to understand the self and the mind. The human mind is the most creative, powerful and wonderful "instrument" we possess. Using this energy called mind we have been able to search the deepest oceans, send humans to the moon and scan the molecular fabric of the building blocks of nature. But have we found our true self? We have become the most educated and civilized society in our history, but are we civil towards each other?

The soul has three main faculties; the mind or consciousness, the intellect and the subconscious.

Thoughts flow from the sub conscious mind to the conscious mind. Feelings and emotions form in accordance with the montage of thoughts flowing in the mind. Therefore our state of mind at any given moment is determined by the thoughts in our consciousness, and also with the feelings that we associate with those thoughts. Since our sub consciousness contains all our previous thoughts and experiences, it is necessary to selectively control the flow of thoughts that emerges from the sub conscious mind.

The intellect is the controller which is used to discriminate so that only positive and benevolent thoughts flow into our mind. With meditation or deep contemplation, the individual is able to strengthen and sharpen the intellect. The end result is a constant state of well being. If we are able to understand the self as the source of energy that creates our feelings, then the following will become our aims.

Become aware of our state of mind and of the thoughts that flows into the mind from our subconscious.
Strengthen the intellect so that the individual can discriminate and thereby only allow positive and peaceful thoughts to flow into the mind.
Through this process of self development the individual develops more control over the mind.

Dadi Prakashmani, Dadi Janki and Dadi Gulzar are the spiritual leaders of the Raja Yoga meditation organization. They are the embodiment of soul consciousness, filled with love, light and happiness.

These meditations have been taken from the knowledge as taught by the Brahma Kumaris Raja Yoga meditation organization. Raja Yoga meditation organization

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Comprendre corps et esprit.  

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Descartes a profondément marqué la pensée occidentale avec un mode de pensée reposant sur le dualisme corps/esprit. Sa postérité immédiate a dû affronter un problème resté sans solution claire, celui de la relation corps-esprit. Spinoza reprochera à Descartes de ne pas respecter le principe des idées claires et distinctes et trouvera très obscure l’hypothèse de la glande pinéale, comme jonction de l’esprit et du corps. Cependant, la séduction spontanée de la pensée duelle est telle que nous avons tendance à l’emprunter de manière systématique, sans pouvoir y échapper, ni parvenir à la dépasser, ce qui nous met en butte avec des oppositions artificielles et une manière toute aussi artificielle de vouloir les surmonter.

Il est intéressant de noter que très souvent la pensée traditionnelle, pour penser l’être de l’homme, préférait à la dyade corps/esprit, la triade âme-esprit-corps. La logique du trois-en-un est bien plus souple que celle de la dualité. Nous avons vu qu’elle se rencontre partout dans le domaine le plus subtil de la relation. Dans le domaine des relations sublimes, rien de ce qui existe n’a de contraire, ce qui est se donne dans une manifestation où l’intériorité vient s’exprimer dans l’extériorité dans une solution de continuité. Comment comprendre la relation entre l’âme, l’esprit et le corps ? En quoi l’âme se distingue-t-elle de l’esprit ? En quoi l’esprit constitue le lien entre l’âme et le corps ?

* *
*

A. De l’extériorité physique à l’intériorité consciente

L’approche objective de la science moderne nous a habitué à la démarche consistant à partir de l’extériorité physique pour appréhender la nature de l’intériorité. Cependant, il est douteux qu’une approche objective puisse jamais ressaisir la subjectivité, qui est justement un plan non-physique. Ce n’est que dans une ontologie qu’il est possible de définir le corps, de donner toute sa mesure à la dimension consciente du sujet et enfin à envisager la pure donation à soi de l’âme. Si on peut définir l’homme, comme La Mettrie, comme une machine, c’est qu’alors on le résume à son corps. Descartes, lui, regarde l’homme comme à la fois un corps et un esprit, mais, conformément à son dualisme, il confond l’esprit avec l’intellect et semble ne trouver dans l’âme que l’activité de la pensée. Comment peut-on, sans réduction, tout à la fois distinguer et relier le corps, l’esprit et l’âme ?


1) Dans l’attitude naturelle le corps est nommé justement le physique. Dans les Méditations Métaphysiques, Descartes définit tout d’abord le mot corps par la physique en disant qu’un corps est une chose qui occupe un certain lieu et qui possède des dimensions pouvant faire l’objet d’une mesure. Un corps est un objet dont il est possible de déterminer les propriétés géométriques. Il suffit de ne retenir de son appréhension que ses qualités premières et d’évacuer tout ce qui relève de notre expérience subjective, les qualités secondes, pour donner à la physique son champ d’action et son empire sur que l’on nomme la matière. Mon corps à ce titre est fait de la même texture que le morceau de cire. Il peut être analysé de la même manière dans sa forme, ses dimensions, son poids etc. Dans l’analyse de la physique classique, on dira qu’il est composé de molécules, d'atomes, qu’il est d’un point de vue chimique composé d’eau, de carbone, de minéraux etc. Dans la physique contemporaine, poussant plus loin l’analyse de la matière, on admettra que la texture du corps est soutenue par la structure dynamique d’un champ d’énergie pure que nous percevons à notre échelle comme un objet solide. Cette énergie en apparence gelée dans une forme, n’est en définitive qu’une fonction d’onde macroscopique dans le réseau de l’univers. La solidité de mon corps est alors en réalité appuyée sur une vacuité fondamentale dont le dynamisme infini tient en équilibre une superstructure qui va de l’atome, vers les molécules complexes, la totalité systémique auto-référente des tissus, des organes et du corps tout entier. Je ne peux pas traiter mon corps, comme un corps en général, objet de la physique. En restant dans le cadre de l’approche objective, je dois d’abord admettre que c’est un corps vivant. Il partage avec tous les vivants une échelle de complexité supérieure qui le range parmi les objets de la biologie. Les caractères spécifiques du vivant suffisent à émanciper la biologie par rapport à la physique. De fait, les biologistes se contentent le plus souvent d’une version de la physique qui se limite à la physique classique et ne prend pas en compte les avancées de la théorie quantique. Le Corps quantique, selon le titre du livre de Deepak Chopra est bien plus proche de la conscience que le corps-objet défini à partir de la physique classique. Il permet de mieux comprendre la relation corps-esprit en nous débarrassant d’une conception trop rigide du dualisme, le corps/esprit légué par la modernité. Nous n’allons pas reprendre tout ce qui a été montré précédemment sur cette question.

Mon corps n’est pas un corps en général, ou un corps vivant, mais un corps sujet-objet et précisément le lieu de mon incarnation. La problématique de l'incarnation n’appartient pas à la science, car elle pose la question de la relation entre le plan physique de l’existence et le plan non-physique. Comme l’a si bien montré Raymond Ruyer, la science en restant dans le champ de l’observable, occulte le participable. Elle prend pour argent comptant le caractère surfaciel de la perception, incline de manière décidée la pensée vers le matériel, le dehors, en négligeant la dimension spirituelle, le dedans.

« Nous croyons que les choses et les êtres sont comme nous les voyons, tout en peau, extérieure ou faussement intérieure, surface réfléchissant la lumière. Un homme de notre connaissance, nous savons que son corps a un envers, ou plutôt un endroit : sa propre vie et sa propre conscience, parce qu’il nous parle. Un chien aussi atteste son endroit, en protestant quand on lui marche sur la patte. Un arbre que l’on émonde, ou une herbe que l’on foule, ou un cristal que l’on comprime ne protesteront jamais. Aussi nous les considérons comme sans ‘endroit’ comme étant ‘tout corps’… Le matérialisme consiste à croire que ‘tout est objet’, ‘tout est extérieur’, ‘tout est chose’. Il prend pour argent comptant le caractère ‘surfaciel’ de la perception visuelle et de la connaissance scientifique. Il prend pour endroit (right side) l’envers (wrong side) des êtres ». L’endroit est la conscience et le corps est cet envers de la conscience qui n’existe que dans la représentation d’une autre conscience.

La psychologie matérialiste qui étudie l’homme seulement à partir de son envers s’appelle psychologie du comportement. Le béhaviourisme étend l’étude du comportement animal à l’homme en éliminant la dimension de la conscience, pour ne retenir que les réactions observables et mesurables du corps. Une blague traduit ce point de vue : un behaviouriste fait l’amour avec une femme et lui demande ensuite : « C’était bien pour toi, ... mais comment était-ce pour moi » ? Ce qui revient à nier l’esprit en tant que sujet conscient alors même que c’est seulement pour lui qu’il peut y avoir de l’observable et du mesurable.

2) L’esprit est appelé le non-physique. L’usage de la définition n’est aisé que sur le plan physique, car la définition n’est précise qu’en rapport avec une forme déterminée, dans le domaine de l’extériorité. En-deçà de toute forme, dans l’intériorité, il devient très malaisé de définir quoi que ce soit. Ce serait prendre le sujet qui définit pour l’objet d’une définition et du même coup s’échapper du site originel de la conscience. Comme le dit Stephen Jourdain : « L’esprit… Il en est de ce mot-clé comme des quelques autres mots-clé : si transparent, si évident que soit son sens pour notre intuition, il se montre absolument rebelle à la définition. On ne peut le définir que négativement. Dire ce qu’est l’esprit, non ; dire ce qu’il n’est pas, oui ». Négativement, l’esprit n’est pas matière, n’est pas une forme étendue dans l’espace. « L’esprit n’est pas matière. L’esprit est irréductible à tout phénomène matériel, quel que soit son degré de fluidité ». « L’esprit est irréductible à tout phénomène spatial. L’esprit est fondamentalement immatériel et inétendu ».
Mais positivement alors ? La réponse de Stephen Jourdain est volontairement elliptique : « L’esprit commence au moment où l’esprit s’éprouve comme esprit. Le sens du mot sujet peut être abordé directement dans les même termes : le sujet commence d’exister au moment où il s’éprouve lui-même comme sujet. C’est ce qu’on peut dire de moins bête sur l’esprit et le sujet ». A l’esprit correspond trait pour trait l’expérience consciente. Cela veut dire que l’esprit est d’abord ce que nous appelons le conscient et qu’il n’est pas séparable du sens du moi et du mental. « L’esprit est moi ». L’esprit est la pensée dans son mouvement, son aptitude à élaborer des constructions mentales dans l’immanence première et définitive du maintenant vivant. La source de la pensée est aussi appelée l’Esprit, principe spirituel ou encore l’âme. Il serait souhaitable, pour la clarté de ne pas confondre la Source et l’eau qui s’en écoule. Dans le texte précédemment cité :

« Il faut ajouter que l’esprit existe sous deux états : un état A s’imposant nécessaire et absolument premier, qui correspond à ce qu’on entend couramment par ‘esprit pur’ et ‘âme’ ; et un état B s’imposant, lui à l’intelligence comme complexe, contingent et second, qui correspond à ce qu’on entend couramment par ‘mon esprit’ pouvant être évoqué plus poétiquement comme celle qui unit la source et l’eau qui jaillit d’elle… Une autre manière plus décisive d’évoquer cette même relation est de dire que ‘mon esprit’ est la pure imagination de l’esprit 'pur’ ou ‘âme’ ». L’eau qui vient de la Source n’est pas différente d’elle. Toute pensée dans son essence est spirituelle et porte en elle la puissance et la potentialité de l’Esprit. Si le Je pur désigne l’esprit, toute pensée enveloppe aussi un je qui la désigne comme appartenant à un sujet et ne saurait exister sans lui. Sous la forme d’une question simple :
« Que trouve-t-on dans ‘mon esprit’, dans ‘un esprit’ ?
On y trouve un sujet, qu’on doit qualifier de second relativement à ce sujet premier qu’est l’esprit pur, ou âme et qu’on peut utilement se représenter comme la résurgence du sujet premier.
Ce sujet accomplit un certain nombre d’actes qui lui sont propres, et qui correspondent, en gros, aux différentes facultés intérieures que nous nous reconnaissons. L’acte de la pensée, bien sûr, vient en bonne place, parmi ces actes et, à mon avis, intervient une seconde fois dans cette activité interne en la sous-tendant entièrement
».

Une grande part des difficultés d’interprétation des textes traitant de l’esprit tient à ce que suivant les auteurs, le terme est utilisé au sens de l’état A tandis que chez d’autres, il est utilisé au sens de l’état B. Parfois, on identifie même l’esprit à une seule de ses opération. Par souci de clarté, il est nécessaire, autant de distinguer sans opposer, que d’unir sans pour autant confondre. La pensée recoupe à la fois a) l’activité mentale, considérée en tant que phénomène psychologique, état ou vécu de conscience. b) et l’idéation, qui elle relève de la connaissance et de la logique. L’esprit est un terme générique enveloppant l’acte intentionnel de perception à travers les cinq sens, l’acte de discriminer et de calculer de l’intellect, l’acte d’imaginer de l’imagination, l’acte de se souvenir de la mémoire, l’acte de concevoir de l’entendement, le travail de synthèse, d’organisation, de hiérarchisation de la raison.
La réceptivité intuitive de l’intelligence est la potentialité créative de l’esprit qui va au-delà de la pensée construite de l’intellect. La sphère intentionnelle de la conscience est la sphère de l’esprit. La pensée ordinaire de l’intellect va du connu au connu dans une réplication constante de la mémoire. L’esprit ré-agit par rapport aux situations d’expérience en filtrant ce qui est à l’aune de ce qui a déjà été. La réaction est ce que nous avons déjà accompli, de sorte que notre propension est de répliquer la même expérience comme modèle. La vie selon la pensée habituelle est un travail de l’esprit, non une création de l’âme, car pour qu’elle devienne une pure création, il faudrait pouvoir coïncider avec chaque instant dans sa pure nouveauté et ne pas rejouer ce qui a déjà été.

3) L’âme ne saurait être confondue avec la structure physique du corps, pas plus qu’elle ne peut être identifiée avec le défilé intérieur de nos pensées que l’on appelle couramment l’esprit. Si le corps est le physique, l’esprit le non-physique, le terme qui convient à l’âme est le métaphysique. Pas plus que l’esprit et pour la même raison, l’âme ne peut être identifiée à une forme, localisée en un lieu, ou assimilée à un quelconque objet. Bref, appartenir au domaine de la représentation. La représentation appartient à l’esprit. Il est plus aisé et plus pertinent de dire ce que l’âme n’est pas, que de définir ce qu’elle est. Traditionnellement, la voie négative, en sanskrit neti, neti, enlève tout support d’objectivation afin d’amener le sujet dans cet état de suspension sans objet – de Vacuité- où la Présence est pure présence à Soi sans objet. Le royaume de l’âme précède toute intentionnalité consciente, il relève non du subconscient, ou du conscient mais plutôt du supraconscient. Là où le Sujet est pure coïncidence avec Soi, il n’y a pas de second. Là s’étend le royaume de l’âme. Le Vedânta, très économe dans ce registre, emploie le terme Soi, âtman, en ayant soin de le distinguer de l’ego, ahamkara, qui est lui inséparable de la pensée. Mais encore une fois, le péril de la majuscule est toujours le même, celui de se donner le concept d’une sorte de super Objet, ce qui serait l’ultime trahison de l’âme. Il est impropre de dire « j’ai une âme », ce qui reviendrait à la placer sur le même plan que le couteau que j’ai dans la poche et poserait immédiatement la question : qui possède l’âme ? Ce qui est absurde car tout objet pointe vers l’ultime Sujet qui est l’âme. Mais la formule « je suis une âme », n’est pas pour autant plus claire, car elle ne désigne aucune limite identifiable. L’âme coïncide dans l’Être avec soi et le Soi n’est rien d’autre qu’un mot pour désigner l'intériorité absolue dont l’Être est la Manifestation relative. Pas plus qu’il ne saurait y avoir de limite de l’Être, il ne peut y avoir de limite de l’âme. Il n’est de limite que par l’esprit s’identifiant avec l’ordre de l’objet, et de manière prioritaire, l’objet pré-donné du corps. L’entité qui s’identifie avec le corps, s’éprouve, se connaît à travers lui est l’individualité vivante, en sanskrit jiva.

De même qu’il est des désirs qui relèvent du corps et des désirs qui relèvent de l’esprit, il existe aussi des désirs qui relèvent de l’âme. De la même manière, il y a un ordre d’expérience qui relève du corps, un ordre d’expérience différent qui relève de l’esprit et il est aussi un ordre d’expérience qui appartient à l’âme. Parce que l’âme n’est pas enclose dans l’ordre de l’objet, elle ne saurait être rencontrée que dans une pure subjectivité sans objet. Dans l’état de veille, le point d’appui de l’expérience est le corps-physique et donc le lieu de l’incarnation. Dans cet état prédomine la dualité sujet/objet et l’accent propre à la réalité est placé dans l’objet. Dans l’état de rêve, le point d’appui de l’expérience est le corps-subil où l’esprit est seul avec le jeu de ses propres constructions oniriques. Dans cet état, le mental règne en maître, mais la dualité sujet/objet est toujours présente. Le caractère hallucinatoire de l’expérience, la forme affaiblie de conscience qui caractérise le rêve, maintiennent l’empire de l’objet. Dans le sommeil profond la conscience est vide d’objet et non-duelle, l’intentionnalité est abolie, le Soi demeure seul et sans ego, mais le sommeil est enveloppé de torpeur. Cela explique l’importance considérable que le Vedânta accorde à turiya, le quatrième état, appelé aussi samadhi, enstase. Samadhi est un état de pure lucidité où la conscience demeure éveillée sans objet. Le texte des Yoga-sutra de Patanjali précise de manière très nette que la réalisation de samadhi est le but de toutes les pratiques spirituelles, car c’est alors seulement que le Soi est connu dans sa nature essentielle. Comme pure Conscience. Quand samadhi est stabilisé au sein de la vie quotidienne, l’âme n’est plus éclipsée par l’ordre de l’objet et la Présence s’épanouit, régénérant de l’intérieur la relation à l’objet. L’âme retrouve la place qui est la sienne dans laquelle elle préside à toute création authentique. Il appartient à l’âme de créer de manière intemporelle. De la même manière, l’esprit a son propre temps, le temps psychologique, le corps, lui, suit le temps de la Nature.

Résumons sous forme d’un tableau ces perspectives que nous devrons expliciter ensuite :

Le corps

L’esprit

L’âme

agit

pense

crée

physique

non-physique

métaphysique

vital

mental surmental

subconscient

conscient

surconscient

matière

Mon esprit

L’Esprit pur

Homme-vital

Homme-mental

Homme-spirituel

expérience corporelle

expérience de l’esprit

expérience de l’âme

désirs du corps

désirs de l’esprit

désirs de l’âme

temps de la Nature

temps psychologique

intemporel

B. La manifestation et la triade âme-esprit-corps

L’homme est un être trinitaire, par son corps il est engagé dans le faire, par son esprit il est engagé dans la pensée, par son âme il est engagé dans l’Etre. Cette triade n’a de sens que comme une totalité indivise, il n’est pas possible d’y pratiquer une séparation sans immédiatement effectuer une mutilation. Pour prendre une analogie, pour faire tenir un tabouret en équilibre, nous avons besoin de trois pieds, avec deux pieds, il tombe. La pensée duelle est en déséquilibre constant. Elle rabat une dimension vers l’autre et du même coup, occulte la complexité et perd aussi l’équilibre dynamique de la structure ternaire. La dualité invite la pensée à raisonner dans des oppositions fictives et à leur donner une solution réductrice. Une anthropologie matérialiste, pose l’unique réalité dans le corps et y ramène l’âme et l’esprit. Une anthropologie idéaliste, pose la réalité uniquement dans l’esprit et relativise l’importance du corps et l’envergure psychique de l’humain. Une anthropologie, disons panthéiste, tend à délaisser l’incarnation et l’importance de l’esprit pour incliner vers une lecture psychique de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qui, dans la sphère du vécu, permettrait de justifier une conception trinitaire de l’homme ?

1) La compréhension du subconscient, mis à part les limitations de la psychanalyse, ne fait guère difficulté ; il suffit d’examiner le jeu des automatismes vitaux dans notre existence. Nous laissons chaque jour pousser nos ongles et nos cheveux, battre notre cœur, nous respirons, nous digérons de manière entièrement automatique, sans intervenir consciemment. Cependant, comme nous avons vu, le corps n’est pas une chose inerte, il est sensible en chacune de ses parties et imprégné de conscience. Ce que nous faisons d’ordinaire, c’est abandonner la vitalité à elle-même pour vaquer à d’autres tâches. L’homme est avant tout un être mental, il ne peut pas se confiner dans la vitalité. La prise en charge subconsciente est un cadeau, car elle nous délivre du souci de devoir gérer mentalement la totalité de notre existence, ce qui est de toute manière impossible. Toute intention consciente, tout effort se réplique dans le corps. L’habitude est un extraordinaire appui du travail mental. Sans elle, il n’y aurait pas la facilité du geste du paysan, l’habileté du boulanger et pas de libération de l’inspiration chez le musicien. Nous savons aussi par expérience que dans l’application, la concentration et l’effort la conscience peut être à nouveau présente dans l’acte. Il est même possible de faire entrer plus de conscience dans ce plan vital que nous délaissons d’ordinaire. Le hatha-yoga a poussé très loin cette tentative. Il montre qu’il est possible d’obtenir une maîtrise du moindre muscle du corps. On a même plusieurs fois vérifié sur des yogi l’aptitude à faire entrer le corps en catalepsie, à arrêter et redémarrer le cœur à volonté. Il existe des techniques sophistiquées pour travailler sur la sensation corporelle, la laisser s’épanouir et libérer les nœuds psychiques logés dans le corps. L’énergie qui circule dans le corps est appelée prana, elle peut être considérablement augmentée en travaillant sur le souffle. C’est dans ce travail que la dimension subtile de l’incarnation devient patente. Que l’homme occidental n’en n’ait pas la moindre idée n’est pas un argument pour disqualifier ce domaine d’expérience. Notre mode de vie postmoderne nous incline à l’apathie et nous ne prenons pas soin de notre corps qui devient avachis. Nous ne donnons pas à la vitalité sa pleine mesure. Notre attention pour le corps tient surtout à son apparence, elle a très peu à voir avec une exploration consciente de la vitalité. C’est toute ce que l’homme-vital peut connaître. La connaissance des plans de conscience et de l’architecture subtile du corps est un aspect largement méconnu en occident.

Par le corps je suis en relation constante avec un monde d’événements, je me situe dans l’action et l’interaction. Le terme de subconscient désigne le lieu de l’expérience que nous ne connaissons pas où nous ne créons pas consciemment notre réalité, ce qui ne l’empêche pas cependant d’advenir de manière inconsciente. Dans une création inconsciente, le sujet ne sait pas vraiment ce qu’il fait et encore moins pourquoi il le fait. En conséquence, il a tendance à se croire entièrement à la merci de la vie et des circonstances, jusqu’à se considérer entièrement comme une victime dégagée de toute responsabilité dans ce qui lui arrive. C'est-à-dire dans la position opposée à celle d’un créateur conscient. La ruse à ce sujet, c’est que c’est justement à partir du moment où nous ne croyons pas que nous créons notre propre réalité, que nous ne trouvons plus la trace de notre création dans l’expérience. La psychologie analytique de Carl Gustav Jung a le mérite d’avoir montré à quel point le sujet attire à lui les événements de manière inconsciente. Jung a fait une remarquable incursion dans le domaine de la corrélation subtile entre le subconscient et l’événement dans ce que l’on appelle la théorie de la synchronicité. Les contenus subconscients de la mémoire ne sont pas des photographies rangées dans un album. Ils possèdent pour la plupart une charge affective et un dynamisme qui non seulement joue un rôle dans l’orientation des choix du sujet, mais crée aussi un contexte d’expérience. Nous l’avons montré plus haut en examinant la théorie de la répétition du modèle. Nous avons aussi vu que l’ignorance des contenus subconscients est tout à fait relative. Elle peut être interprétée comme mauvaise foi. Rien n’empêche qu’un contenu subconscient soit éclairé et mis en lumière. Il n’y a pas dans le psychisme de frontière réelle entre les différents niveaux. Ce n’est qu’une commodité conceptuelle que de séparer conscient, subconscient et inconscient. Comme le dit Jung, ce n’est qu’une manière d’indiquer des contenus immédiatement accessibles, d’autres qui ne sont que médiatement accessibles, d’autres enfin auxquels on accède qu’avec bien plus de difficultés.

2) Le conscient est le lieu de notre expérience à partir duquel le sujet connaît et crée sa propre réalité, avec une certaine connaissance de ce qu’il est en train de faire, connaissance qui dépend du niveau de conscience de celui qui agit. Cette conscience caractérise par excellence ce que nous appelons la vigilance dans l’attitude naturelle. Veiller, disions-nous, c’est sur-veiller, prévoir, faire attention, agir en conséquence de cause, la pensée maintenue sur le qui-vive. La vigilance est une forme de conscience dans laquelle le mental est prédominant. Dans l’attitude naturelle, nous vivons entièrement sous le régime de la pensée. Dès l’entrée en scène de l’ego au réveil, sous la forme des pensées qui surgissent, le mental se déploie à la fois sous la forme d’une intentionnalité qui oriente toute visée vers un objet, et aussi dans une dualité sujet/objet. Je pense devoir me raser avant d’aller chercher le pain, je pense à un rendez-vous important cet après-midi, au travail qui m’attend. Ce que nous appelons conscience, c’est précisément cela : je décide, j’agis en fonction de ce que je pense et j’ai une connaissance de ce que je suis en train de faire qui n’est rien de plus et rien de moins que la pensée elle-même. La pensée, même son étage le plus ordinaire, est une représentation de la réalité. Ma représentation n’a rien d’objective ou d’impersonnelle, elle est mienne, c’est-à-dire qu’elle suppose le moi intervenant de manière active, le moi précisément de la pensée. L’ego. Tout homme sait donc immédiatement ce qu’est l’esprit, puisqu’il en fait immédiatement l’expérience. Cette proximité rend la définition de l’esprit difficile, c’est de vivre en permanence jeté dans la pensée qui rend justement difficile la compréhension de ce qu’est la pensée. La pensée d’ordinaire est un mouvement, une cavalcade qui commence dès le réveil et ne prend fin que dans le sommeil. Même quand je suis inactif, je suis dans le train-train des pensées qui m’inquiètent, des attentes et des désirs. Ce mouvement du mental est le temps psychologique. Si nous l’observons avec attention, nous verrons que nos pensées les plus communes sont travaillées par le rapport au futur ou le rapport au passé. Même cloués sur un lit d’hôpital, nous continuons à nous entretenir en nous-même de ce que nous avons encore à faire ou de ce que nous avons fait, où de ce que nous aurions pu faire. Le mental pour exister a besoin du temps. Il crée la différence temporelle pour autoriser la comparaison entre l’ici et le maintenant et l’ailleurs, le demain ou l’autrefois. Dans cet espace de la pensée, il construit le jugement. Par exemple la déception à l’égard de ce qui est, vis-à-vis de ce qui devrait être qui prend la forme de l’ennui. L’homme-mental est donc l’homme qui vit aux prises avec la pensée .

A l’opposé de l’usage très limité que nous pouvons en faire dans la conscience commune, il existe un art de faire usage des facultés de l’esprit. Une manière de tout d’abord lui rendre justice. L’esprit ne se réduit pas à un moulin à pensées, fondamentalement, il cherche à comprendre et à connaître. Dans le système éducatif actuel, nous sommes loin de donner sa pleine mesure au désir qu’a l’esprit de s’élever dans l’intelligence de ce qui est. Que dire de ce qui se produit ensuite. La plupart d’entre nous avons perdu toute curiosité intellectuelle avant quarante ans. Nous vivons dans une société qui ne répond pas à la faim de connaissance, qui très tôt laisse l’esprit et ne lui procure ensuite que des divertissements. De quoi secouer l’ennui, et exciter le vital et rien de bien sérieux pour éveiller l’intelligence. La première naissance, comme un corps reste largement subconsciente. Celui qui parvient à s’éveiller à l’existence de l’esprit est comme né une seconde fois. Il l’est souvent, comme Platon l’explique dans Le Banquet, dans la rencontre d’un autre esprit dont la sagesse féconde le pouvoir de son intelligence et s’épanche en connaissance. Se savoir esprit, c’est nourrir l’enfant de l’intelligence qu’est l’esprit. Se savoir esprit, c’est aussi pour la première fois trouver en soi-même la position d’un témoin par laquelle la pensée cesse d’être inorganisée, confuse et chaotique. Par laquelle la pensée est connue comme pensée. C’est seulement quand le défilé psychologique de la pensée est transcendé que la pensée est connue pour ce qu’elle est et remise à sa juste place pour redevenir un instrument docile. Celui qui n’est pas né à son propre esprit est victime de ses pensées. On dit qu’il est ignorant.

3) L’âme n’est pas le paquet ficelé des besoins arrimés au corps. Et pourtant sans le corps, sans l’incarnation, l’âme n’aurait pas l’expérience d’elle-même. L’âme n’est pas davantage le sujet qui, ombrageusement, tient le corps en mépris et pose en adorateur de la pensée. L’âme n’est pas le défilé continuel des pensées de l’esprit, ni même l’esprit qui pense les pensées. Et pourtant, sans l’esprit, l’âme ne saurait se penser dans le temps, se chercher en se frayant un chemin dans la forêt touffue de l’ignorance. L’âme est à la Source de la pensée, de son inspiration la plus haute et de son intelligence la plus relevée. La troisième naissance du sujet à lui-même est la découverte de l’âme. L’âme n’a pas séjour dans l'antre du subconscient, ni dans le monde bruyant et coloré du conscient, mais dans le foyer vivant, surconscient, de la Présence du soi à lui-même.

C’est au coeur du sentiment que l’âme se trouve donnée à elle-même. L’âme est la somme de tous les sentiments et le lieu de l’immanence pure du sentiment à lui-même. L’âme ne peut désirer que l’expérience d’elle-même la plus élevée et la plus intégrale. Son but, s’il en est un, ne se trouve dans aucun temps, ni dans aucun lieu, il est entièrement ici et maintenant, dans la pure expansion de Soi même de la Vie à exprimer ce qu’elle est et à se connaître dans une pure expérience de soi. Le but de la Vie est la Vie elle-même éternellement donnée à elle-même dans une étreinte qui n’a ni commencement ni fin. Du point de vue de l’âme, il n’y a rien à faire, tout ce qui importe, c’est d’être. L’âme se soucie fort peu de la glorification du corps ou du brio des représentations de l’intellect. Le cœur est le pont entre l’esprit et l’âme et c’est le cœur qui s’éprouve lui-même comme sentiment et sentiment de Soi. L’âme cherche non la connaissance, mais plutôt le sentiment. La connaissance est concept, le sentiment est pure expérience, ce que l’âme cherche, c’est le ressenti vrai et réel, c’est se connaître elle-même certes, mais à travers sa propre expérience. Le sentiment le plus élevé que la Vie éprouve pour elle-même est l’amour, et c’est aussi l’expérience de la conscience d’unité avec tout ce qui est. Le Souverain Bien. En cela seulement le sentiment d’amour est parfait. De même que dans le blanc toutes les couleurs sont présentes, dans son unité, l’âme enveloppe tous les sentiments humains.

Tel est le sens radical de l’intériorité et la raison pour laquelle l’âme est appelée Soi. Dans les termes de Michel Henry : « le sentiment n’est pas quelque chose qui a en outre cette propriété de s’éprouver soi-même, mais le ‘sentir soi-même’ qui vit en lui comme s’éprouver soi-même, comme être affecté par soi ». L’auto-affection est la donation à soi de l’Être lui même. L’Être est immédiatement ce qu’il est, la manière la plus rapide de le rejoindre, plus vite que ne pourra jamais le faire toute pensée, c’est d’être dans la coïncidence à soi ici et maintenant du sentiment. Le sentiment dit ce que je suis. Ainsi, « l’ipséité de l’essence ne se réalise pas dans le temps ». Nous l’avons vu, elle est intemporelle. De même, parce que la pure conscience de soi est sans objet, sans représentation, parce que la représentation relève de l’esprit ; la pure conscience est aussi une secrète Passion et une Passion sans objet, ou sans motif. « L’expérience de soi de l’être comme originairement passif à l’égard de soi est sa passion. Celle-ci constitue le prototype et l’essence de toute passion possible en général. Toute passion est comme telle la passion de l’être, trouve en lui son fondement et le constitue. L’essence de la passion cependant réside dans l’affectivité. L’affectivité est la révélation de l’être tel qu’il se révèle à lui-même dans sa passivité originelle à l’égard de soi dans sa passion ».

Ainsi s’explique encore le véritable sens du statut métaphysique de l’âme : non pas, comme on l’a parfois cru une sorte d’arrière-monde, de lieu de consolation contre la vanité du monde, non pas une chose en soi dans la totalité altérité, la complète extériorité, un autre physique (?) un paradis ou un enfer ailleurs. Non, le véritable statut métaphysique de l’âme transcende de l’intérieur toute manifestation physique, il est en-deçà de toutes les formes physiques, y compris celles tissées par la pensée, il est leur origine première au sein de la Vie. Le concept d’arrière-monde au sens d’un monde au-delà, a été une des erreurs les plus sinistres de l’histoire des religions. L’enfer est le contraire de la joie, le paradis le symbole du bonheur. L’un et l’autre sont des états de conscience. Nous ferons descendre le paradis sur Terre quand nous saurons en faire un lieu heureux. La Terre demeurera un enfer tant que nous en ferons un lieu de malheur. Nous ne faisons en permanence dans le champ relatif que transformer nos sentiments en pensées et nos pensées en objets. Le monde n’est rien d’autre que le reflet de ce que nous sommes, il est à la hauteur de nos sentiments les plus élevés ou les plus bas dans leur résultante collective.

C’est dans l’âme que se déroule la proto-création de l’individualité. L’âme crée et n’aspire qu’à une expérience plus élevée d’elle-même. Ce qui est le sens de l’évolution spirituelle. Parce que l’âme n’est en aucun sens séparée de quoi que ce soit, parce qu’il est dans son essence de demeurer dans l’unité avec l’Etre, l’âme connaît infiniment plus de choses que l’esprit n’en peut savoir. Telle est l’origine de la réminiscence dont parlaient Socrate et Platon, qu’à tort notre philologie a transformé en mythe (C’est une manie de tout notre commentarisme de transformer en mythe tout ce dont nous avons perdu la signification spirituelle). L’âme possède la connaissance, elle est Etre-Connaissance et c’est bien pourquoi elle ne peut se tenir au connaître, car désire avant tout faire l’expérience d’elle-même. Et non demeurer sur le plan de l’Absolu, dans le monde intelligible de la toute connaissance comme dirait Platon. Un être humain qui vit dans la Présence de l’âme, et non pas engoncé dans les valeurs du corps, ou dans les constructions mentales de l’esprit, le contact avec l’instant suggère la réponse juste, l’action immédiate, la décision rapide et le choix spontané. Dans la spontanéité de la réponse de l’âme, il n’est pas nécessaire d’effectuer un examen, une critique, un raisonnement. Paradoxalement, nous l’avons vu, la spontanéité de la Présence veut dire perdre la tête du mental, rejoindre le cœur et agir en unisson avec lui. L'âme suggère en permanence la réponse juste, la parole adéquate et la décision appropriée.

C. La triple orientation de la vie

Si on doit suivre la conception populaire, l’homme croit toute sa vie être un corps, à certains moment il découvre qu’il est esprit, mais en définitive il ne peut savoir qu’il est une âme qu’à la mort. En réalité, la nature tripartite de l’homme implique surtout trois polarités différentes. L’homme vital a placé ses valeurs dans le corps et en conséquence, il s’est fait une existence matérielle qui délaisse l’esprit et l’âme. Cette extrémité, Aurobindo la désigne sous le nom de barbare vital. L’homme mental a placé ses valeurs dans l’esprit, il place sur un plan élevé la valeur de la culture, le savoir, la réflexion et les œuvres de l’intelligence. Il peut délaisser largement le soin apporté au corps et n’avoir que fort peu de souci de l’âme, auquel cas il devient un pur intellectuel. Nous connaissons bien en occident ce type humain qui a souvent les faveurs de nos médias. L’homme spirituel s’est entièrement tourné vers l’âme. Il peut se détourner assez facilement de l’attrait de ce qui se rapporte au corps et de la culture de l’esprit. Il devient en ce cas un ascète religieux consumé par le désir de trouver Dieu. Cette triple polarité joue un rôle dans la constitution des valeurs d’une époque. La postmodernité en occident est très nettement une civilisation du premier type. La Modernité s’est affirmée dans des valeurs du second type. L’Inde est encore très largement marquée par une civilisation du troisième type, presque jusqu’à la caricature. L’équilibre des trois dimensions de l’humain n’est pas plus facile à réaliser, tant dans l’individu, que dans la société. C’est peut être une raison de notre fascination pour la Grèce antique où l’idéal de vie respectait le soin donné au corps, l’élévation de l’esprit dans la philosophie et où le sens du Sacré était nettement présent, sans pour autant avoir été récupéré par une religion dogmatique.

1) Il n’est pas rare dans notre expérience que le corps veuille une chose, que l’esprit soit intéressé par une autre et qu’enfin l’aspiration de l’âme se dirige plutôt vers une troisième. Quand l’âme, l’esprit et le corps sont en conflit, la personnalité n’est pas intégrée et les résultats obtenus dans l’action ne peuvent être que mitigés ; la triade qui compose la nature humaine est bancale et l’homme est dans l’ignorance de lui-même. C’est un peu comme dans l’attelage ailé du Phèdre de Platon.. L’âme est le conducteur du char en route sur les « révolutions célestes ». L’un des deux chevaux, l’esprit, est docile, le second le corps, est un peu lourd et maladroit, « le cheval vicieux est pesant et qu’il alourdit et fait pencher le char vers la terre, s'il a été mal dressé par son cocher; c'est une tâche pénible et une lutte suprême que l'âme doit alors affronter». Le poids vers la terre, c’est celui de la matière. Mais il n’est pas dans la nature du sujet d’être voué à l’immobilité de la matière, mais de suivre le dynamisme infini du Temps qui rythme la Manifestation. L’âme la plus élevée, explique Platon, est consciente de sa divinité. Dans le cortège des âmes, elle est « celle qui suit la divinité de plus près et lui ressemble le plus, élève la tête de son cocher vers l’autre côté du ciel, et se laisse ainsi emporter au mouvement circulaire». L’âme a contemplé la Vérité absolue et de cette vision –l’être-connaissance- il restera trace dans son existence terrestre, d’où son empressement à « découvrir la plaine de la vérité, c’est que la pâture qui convient à la partie la plus noble de l’âme, vient de la prairie qui s’y trouve, et que les propriétés naturelles de l’aile, s’alimentent à ce qui rend l’âme plus légère; c’est aussi cette loi d’Adrastée, que toute âme qui a pu suivre l’âme divine et contempler quelqu’une des vérités absolues est à l’abri du mal jusqu’à la révolution suivante, et que, si elle réussit à le faire toujours, elle est indemne pour toujours ».

Si nous nous posons la question de savoir d’où viennent nos désirs, nous trouverons certainement plusieurs sources. Entre l’avidité du vital, la curiosité du mental, la ferveur de l’âme, il y a tout de même des différences. Dans le même ordre, nos plaisirs nous ressemblent, ils sont une indication assez juste de la qualité de l’affirmation de notre conscience. Cependant, il ne faut pas confondre les valeurs du corps et l’incarnation, les valeurs de l’esprit et sa juste place, les valeurs de l’âme et sa présence réelle. Nous aurons beau tenter de renier le corps, ou lui vouer un culte naïf, laisser l’esprit en jachère, ou lui accorder la nourriture qu’il mérite, oublier l’âme ou l’écouter, il n’en restera pas moins que nous resterons en tant qu’être humain une entité tripartite. L’implication en est que l’interrelation est constante. En un sens, la voix de l’âme ne fait entendre son murmure qu’à travers le corps. C’est le corps qui se trouve en situation d’expérience ici et maintenant. Dans le présent. L’esprit a tôt fait de s’évader dans un ailleurs. L’esprit est en rapport avec le connu, c'est-à-dire que la pensée, c’est d’abord le passé. L’esprit donne accès à tout ce dont nous pouvons nous souvenir au sujet de la réalité et à ce que nous avons été en tant que moi temporel. Sans l’esprit, le passé n’aurait pas de consistance et s’il a quelque importance dans le présent, c’est seulement grâce à lui. C’est dans le présent que l’avenir se construit. Le futur est la prochaine version de ce que je suis et en un sens, l’âme a conscience de l’ouverture des possibles. En résumé :

Corps

Esprit

Ame

Santé du corps

Santé de l’esprit

Santé de l’âme

activité

pensée

sentiment

éprouve et ressent

analyse et se rappelle

observe et sait

Renferme le présent

Renferme le passé

Renferme le futur

l’âme parle par le corps : expérience de la vérité ici et maintenant

a l'accès à tout ce dont nous nous souvenons à propos de la réalité

est en contact avec l'avenir

Le présent est dans chaque acte une auto-définition

Le passé, c’est ce que nous ne sommes plus

Le futur est la prochaine version de ce que nous sommes

La situation d’expérience actuelle

Le connu

L’ouverture perpétuelle du possible

2) Shri Aurobindo appelle être psychique l’homme en devenir dans lequel s’effectue l’intégration de la personnalité et évolution spirituelle le cheminement de la conscience. Une personnalité intégrée est celle pour qui un équilibre vivant est établi entre le subconscient, (le corps), le conscient (l’esprit), et le surconscient (l’âme). Il est tout à fait possible d’établir une cohérence d’intention entre les trois niveaux subconscient, conscient et surconscient. Quand cette cohérence d’intention est effectuée surgit une nouvelle forme de conscience appelée supraconscient. Le supraconscient et le lieu de l’expérience à partir duquel le sujet connaît, et crée sa réalité en pleine conscience de ce que qu’il produit. Dans cet espace, les trois paliers de conscience ne font plus qu’un et on dit alors que le sujet est complètement intégré. L’idée est parfois perçue dans l’intuition d’une totalité organisée et cohérente. Cependant, c’est plus que cela car le Tout est plus que la somme des parties, la supraconscience n’est pas un « mélange » de surconscient, de conscient et de subconscient, c’est ce qui se produit lorsque les trois sont combiné et transcendés, alors se produit le passage à l’état de l’Etre qui est la source de la création en soi-même. Cet état est incompréhensible à partir du modèle de la vigilance habituelle. C’est un saut quantique de la conscience. Celui de la conscience d’unité. En raison du fonctionnement de la conscience ordinaire dans la fragmentation, la conscience dans l’attitude naturelle demeure dans la dualité. Le sujet placé dans la dualité a davantage l’expérience d’être causé par le monde que d’être lui-même Cause. Pourtant, qu’il le veuille ou non, il est embarqué depuis toujours sur le chemin de l’évolution. Dans le moindre de ses actes, il n’a jamais rien fait d’autre. La naissance et le signe que le voyage est en route et il est tout à fait probable que la mort n’en n’est qu’une étape. On appelle chercheur spirituel le sujet qui commence à se saisir lui-même de son propre devenir conscient. La question qu’il se pose est : si je suis embarqué dans un processus d’évolution consciente, pourquoi ne pas devenir consciemment l’acteur de ma propre vie? Pourquoi ne pas devenir directement Cause de mon expérience et cesser d’être simplement un effet de l’expérience ? L’évolution consciente, est une invitation à devenir cause, ce qui s’appelle marcher dans la conscience. Nous appelons spiritualité l’Enseignement pour autant qu’il propose de marcher dans la conscience. La philosophie contemporaine s’est souvent exilée de la spiritualité. Elle a été le plus souvent une création du mental fondée sur l’expérience du conscient. Ce qui explique la difficulté de la philosophie universitaire à entrer dans la compréhension de la spiritualité vivante. Cette compréhension n’est possible que si le chercheur spirituel est éveillé, si ce n’est pas le cas, l’envergure de la démarche spirituelle n’est tout simplement pas saisie. On ne saurait entrer dans la maison si la porte n’est pas ouverte, sans ouverture de la conscience, il n’y a pas de travail sur soi.

Sans cela, il n’y a pas non plus de connaissance approfondie des plans de l’être et il s’ensuit que dans l’ignorance, on finit par appeler « âme » un peu tout et n’importe quoi. D’où la confusion constante avec le désir en général. On peut dire que l’âme « qui se manifeste au noeud où se joignent le mental, la vie et le corps… a un double aspect : en avant l’âme de désir qui s’efforce de posséder les choses et d’en jouir, et par derrière, cachée (soit en grande partie, soit entièrement) par l’âme de désir, la véritable entité psychique qui est le réel réceptacle des expérience de l’esprit ». L’entité psychique en nous n’est pas clairement connue et son affirmation encore faible. C’est précisément lorsque la conscience descend dans tous les aspects de la personnalité que le psychique prend réellement la place qui est la sienne et devient une force d’âme. « L’être psychique se tient derrière tous les autres ; sa force est la véritable puissance de l’âme. Mais s’il passe en avant, il peut colorer tout le reste : mental, vital et conscience physique peuvent recevoir son empreinte et être transformés par son influence. Lorsque la nature est convenablement développée, il y a un psychique dans le mental, un psychique dans le vital, un psychique dans le physique. C’est lorsqu’il s’y trouve que nous pouvons dire de quelqu’un qu’il a évidemment une âme ». Une nature encore faible veut dire que l’imprégnation profonde de la conscience ne s’est pas encore complètement effectuée.

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Dans le contexte qui est le nôtre, largement marqué par le dualisme, l’élaboration d’une anthropologie trinitaire est devenue indispensable. La pensée dualiste a un penchant simplificateur, elle appelle d’elle-même à son dépassement dans une pensée complexe. L’introduction du trois-en-un invite à la reconnaissance de la complexité et admet d’emblée un dynamisme créateur et sa structuration en paliers d’équilibre.

Ce n’est tout de même pas un hasard si dans la pensée traditionnelle le trois-en-un est si présent. Pourquoi ? Pourquoi Platon choisit-il de donner une forme tripartite à sa représentation de l’intériorité ? Nous n’avons pas ici développé la théorie de la Nature que l’on trouve dans le Samkhya, mais il y aurait de quoi amplement d’y démontrer la complexité d’une logique du trois-en-un. Pourquoi utiliser pour décrire le jeu infini de la la Manifestation de la Nature, la création-conservation-destruction, dans les trois guna, les qualités de la Nature, sattva, rajas, tamas ? Pourquoi cette théorie des trois guna occupe-t-elle une place si importante dans cet abrégé de la philosophie indienne que constitue la Bhagavad Gita ? Pourquoi, quand il s’agit de décrire l’équilibre subtil des éléments dans le corps, la plus ancienne médecine de l’humanité, l’Ayur-veda, a-t-elle recours à une structure ternaire, celle des trois dosha, des trois principes psychosomatiques, kapha-vata-pitta.

Que signifie le trois-en-un ? A-t-il un rapport avec la conscience ? La Bhagavad-Gita explique que le champ de conscience est indissolublement connaisseur-connaissance-connu. Faut-il penser que dès que l’on dépasse le niveau de la représentation duelle –qui est notre mode de pensée immédiat- nous sommes amenés à rejoindre dans une logique trinitaire ? Les logiciens sont récemment parvenus à cette conclusion. Stéphane Lupasco s’est distingué en introduisant une valeur différente du tiers exclus de la science moderne, pour introduire le tiers-inclus. Des commentateurs ont soulignés qu’il y avait une profonde affinité entre le tiers-inclus et le Sacré. Selon Basarab Nicolescu le dépassement de la dualité dans le trois-en-un sera une caractéristique de la cosmodernité.

Source : Philosophie et Spiritualité : L'âme, l'esprit et le corps